Mardi 27 décembre 2011
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Certainement que Jésus avait entendu notre promesse de revenir dans ce village. Le vendredi, 2 décembre 2011, les fidèles chrétiens de
cette communauté m’ont demandé de leur montrer le film de Jésus de Nazareth chez eux au village. Je l’ai accepté avec joie. Le groupe électrogène, projecteur et les baffes, l’écran géant qui
venait d'arriver de la maison SVD à Techny-USA - ont été préparés et montés dans la voiture avant de partir pour la projection de film.
Quand le catéchiste et moi, nous étions en route, les fidèles nous ont appelés pour
s’assurer de notre arrivée parce qu’il y avait beaucoup de monde qui nous attendaient. J’étais étonné parce que nos fidèles ne sont qu’une quinzaine. En effet, ils avaient
annoncé au roi qu’il y aurait le film, et le roi a exigé que le film soit projeté dans la cour du palais. Nos frères et sœurs musulmans y ont été invités. J’avais un peu
peur parce qu’il fallait projeter le film de Jésus dans un milieu vraiment musulman. Justin, le catéchiste, m’a calmé un peu en me disant qu’ils ont le désir et la grande curiosité
de voir ce film sur Jésus parce qu’ils n’ont jamais vu le visage de Mohamed, leur grand prophète.
En arrivant, j’étais surpris en voyant la foule immense qui nous attendait. Il y avait beaucoup d’enfants, de jeunes et d’adultes, femmes et
hommes. J’ai cherché le responsable de la communauté et les autres fidèles pour me renseigner un peu plus sur la situation. La première question était: est-ce que nos frères et
sœurs musulmans ne seront-ils pas fâchés parce que l’on projette le film sur Jésus? En riant ils m’ont assuré que c’était eux-mêmes qui voulaient le regarder.
Quand j’avais installé tous les appareils, j’ai demandé la permission de dire un mot. D’abord, je les ai
remercié de leur présence et je me suis expliqué que c'est grâce à la demande des fidèles chrétiens que je suis arrivé chez eux, et que ce sont les fidèles chrétiens m’ont demandé de montrer le
film sur Jésus. Et puis je leur ai dit que si j’avais su que ce n’était pas seulement les fidèles chrétiens mais aussi les fidèles musulmans qui voulaient regarder le film, j’aurais amené
d’autres films, par exemple, le film sur ABRAHAM. Enfin, je leur ai promis, en même temps, que je reviendrais, un jour, plus tard, avec le film sur Abraham ou bien avec des films d’éducation.
Tout de suite, un des conseillers du roi a pris la parole pour exprimer leur joie et leur contentement de ma présence et pour dire qu’eux-mêmes, ils voulaient regarder le film sur
Jésus. Alors, j’ai lancé la projection du film "Jésus de Nazareth" sur le grand écran. Tout le monde s'est calmé et ils ont fixé leurs yeux, pleins d'admiration, sur l'écran. Quelques fois,
ils sont venus pour me demander d’expliquer un peu la scène parce que beaucoup de monde ne comprenaient pas le français. Le catéchiste a essayé d’expliquer, au fur et à mesure, mais c'est
dommage, il n’y avait pas de micro. Beaucoup de monde qui étaient derrière ne pouvaient pas entendre cette explication. Malgré tout, il n’y avait pas de bruit, aucun enfant ne
dormait, tous les yeux étaient fixés sur le film.
Arrivée à un moment, j’ai regardé l’heure et j’étais surpris de voir c’était déjà minuit. Nous sommes
arrivés à la scène où Jésus a guéri l’homme paralysé qui était transporté par les siens et que l’on avait fait descendre par un trou dans le toit d’une maison où Jésus
se trouvait. Comme c’était déjà minuit, j’ai décidé d’arrêter le film et de le reprendre la prochaine fois. Personne ne bougeait. Pour les consoler, j’ai joué encore quelques
vidéo-clips, intéressants pour les enfants, avant de fermer ce cinéma, en plein air, cette nuit-là. Ils m’ont remercié et m’ont rappelé, en même temps, ma promesse de revenir chez eux pour
les visiter mais aussi pour leur montrer le film sur Abraham.
A notre tour, après avoir mangé de l'igname pilé, offert par la population, nous avons
repris notre chemin de retour. Sur la route, nous avons vu beaucoup de femmes et d’enfants non-chrétiens avec leur bagage sur la tête qui rentraient chez eux après minuit. Par
hasard, c’était le jour de marché de ce village. Du marché, ils sont venus pour regarder le film, et à une heure du matin, ils rentraient chez eux avec leur bagage.
C’est une simple expérience missionnaire qui parle et soulève beaucoup de questions sur les différents aspects de vie et de foi : on
constate qu’il y a une fraternité sans frontières et sans préjugés, qu'un dialogue et une entraide, dans la simplicité du cœur et de l'esprit sont possibles, qu'il y a partout le
désir, la curiosité, la foi cachée, l’ouverture à l'autre , la chance et l’occasion à saisir, la joie et le bonheur, le respect mutuel et réciproque qui animent tout homme de bonne
volonté..
P. Henri Bala Wuwur, SVD
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